NEWS
01/31/2012 07:05 EST | Updated 04/01/2012 05:12 EDT

Jean-Claude Duvalier doit être jugé pour les violations des droits de l'homme, estime l'ONU

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a vivement critiqué, mardi, la recommandation d'un juge haïtien de renvoyer l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier devant un tribunal correctionnel pour les seuls faits de détournements de fonds publics.

Le magistrat, Carves Jean, a laissé entendre lundi que les accusations de meurtres, tortures et atteintes aux droits de l'homme à l'encontre de "Bébé Doc" ne seraient pas retenues. Il n'a pas fourni de plus amples précisions, soulignant qu'il devait d'abord notifier à l'ex-homme fort haïtien les conclusions de son instruction. Aucune date n'a été fixée pour un procès.

En exil en France depuis sa chute en 1986, Jean-Claude Duvalier a regagné par surprise Haïti en janvier 2011. Libre de ses mouvements, il vit aujourd'hui dans la capitale Port-au-Prince.

"Bébé Doc" est accusé d'avoir ordonné la torture et l'assassinat de rivaux politiques, exactions perpétrées par les "Tonton Macoutes", la milice du régime des Duvalier père et fils. On lui reproche également d'avoir détourné pendant les 15 années de sa présidence, de 1971 à 1986, plusieurs centaines de millions de dollars de fonds publics haïtiens. Ces faits sont passibles de cinq années de prison. Un des avocats de Jean-Claude Duvalier, Reynolds Georges, a déclaré qu'il ferait appel, faisant valoir que les faits étaient prescrits.

Les Nations unies sont "extrêmement déçues" que Duvalier ne soit pas jugé pour les "très graves violations des droits de l'homme" commises durant sa présidence et "largement établies", a souligné un porte-parole de l'ONU à Genève, Rupert Colville. Les crimes reprochés, dont assassinats et tortures, ne font pas l'objet en droit international de prescription, a-t-il noté. AP

ll/v0269