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02/08/2012 05:35 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

Américains accusés: l'Égypte refuse de céder malgré les menaces de Washington

LE CAIRE, Égypte - L'Égypte a refusé de lâcher prise, mercredi, dans un différend qui l'oppose aux États-Unis au sujet de la répression du Caire envers des groupes sans but lucratif, malgré la menace de Washington de réduire son aide financière.

Pendant ce temps, l'armée a déployé des troupes dans les rues du pays après une reprise des violences et des manifestations contre son pouvoir.

Selon MENA, l'agence de presse officielle égyptienne, les troupes ont été déployées pour offrir du renfort à la police, afin de restaurer la sécurité et le «prestige» de l'État. Cette décision survient après une émeute sanglante pendant un match de soccer, qui a provoqué la recrudescence des affrontements entre policiers et manifestants. En une semaine de violences, au moins 89 personnes auraient été tuées.

L'armée semble vouloir se livrer à une démonstration de force, en réponse aux critiques sur sa façon de gérer la transition du pays et à ceux qui réclament la démission des généraux.

Le pouvoir militaire en Égypte fait aussi face à une dispute avec les États-Unis concernant la campagne du Caire contre des groupes pro-démocratie et de défense des droits humains financés par des pays étrangers.

Celle-ci a débuté l'année dernière lorsque les forces de sécurité ont mené des perquisitions dans certains bureaux. Les autorités affirmaient qu'un complot contre l'Égypte mené de l'étranger expliquait les manifestations contre le régime militaire.

Dimanche, la justice égyptienne a ordonné des procès contre 16 Américains et 27 autres étrangers. Ils sont accusés d'avoir illégalement utilisé des fonds provenant de l'étranger pour organiser des manifestations dans le pays.

Cette annonce a fait bondir Washington. La secrétaire d'État Hillary Clinton a averti que sans solution à ce différend, l'Égypte pourrait perdre une partie des 1,5 milliard $ US qu'elle reçoit des États-Unis.