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02/08/2012 01:04 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

La situation du français ne fait pas partie des priorités parlementaires de QS

QUÉBEC - Québec solidaire (QS) considère que la situation de la langue française est un sujet central, mais ce dossier ne fera pas partie de ses priorités pour la rentrée parlementaire, une position qui lui a valu des critiques du Parti québécois.

Dans les semaines qui suivront la rentrée à l'Assemblée nationale, mardi prochain, QS se consacrera principalement aux questions des ressources naturelles, des régimes de retraite et des frais de scolarité.

La semaine dernière, la présidente du parti, Françoise David, et le député Amir Khadir ont déploré le recul du français, affirmant que ce dossier serait un thème central de leur prochaine campagne électorale.

En présentant mercredi leurs orientations parlementaires, Mme David a affirmé que la question de la langue pourra être abordée même si elle ne fait pas partie des priorités pour les trois premières semaines de travaux à l'Assemblée nationale.

«En trois semaines, on peut faire un certain nombre de choses, donc on s'est fixé trois priorités, a-t-elle dit en point de presse. Ça ne veut pas dire qu'on n'interviendra pas sur d'autres questions.»

Mme David a aussi expliqué que les interventions de QS ne sont pas limitées au seul cadre parlementaire.

«La question de la langue est et va demeurer une question centrale pour Québec solidaire, mais ça, ça peut se faire par un travail à l'Assemblée nationale, ça peut se faire aussi par un travail sur le terrain, a-t-elle dit. Moi, je suis très présente sur le terrain, dans toutes les activités possibles et impossibles autour de ces questions-là.»

En marge d'un grand rassemblement célébrant la langue française, samedi dernier, Mme David et M. Khadir ont affirmé que le gouvernement doit poser des gestes importants pour améliorer la situation du français dans les milieux de travail, particulièrement dans la région métropolitaine.

À cette occasion, ils ont annoncé que le dossier de la protection de la langue serait la clef de voûte de leur campagne électorale, que le premier ministre Jean Charest pourrait déclencher au cours des prochains mois.

Le porte-parole péquiste en matière de langue, le député Yves-François Blanchet, a déclaré mercredi que Québec solidaire démontre un manque de cohérence dans ses priorités.

M. Blanchet a estimé que QS avait fait preuve d'opportunisme lors de sa prise de position de la fin de semaine.

«Samedi il y avait un spectacle sur la langue et soudainement la langue était devenu un enjeu crucial pour Québec solidaire, a-t-il dit. Aujourd'hui, ils présentent d'autres enjeux qui sont importants mais si jamais l'actualité, demain, c'était l'agriculture, j'imagine qu'ils vont dire que l'agriculture est au coeur de leurs préoccupations.»

La semaine dernière, alors que l'hypothèse d'une alliance électorale entre QS et le PQ était l'objet de spéculations, les deux partis ont eu un accrochage au sujet de la souveraineté, M. Khadir soutenant que ce sera son parti et non les péquistes qui la réaliseront.

Le député péquiste Denis Trottier avait alors riposté en lançant que Québec solidaire manquait de cohérence en se disant souverainiste sans pour autant en parler.

Mercredi, aux côtés de Mme David, M. Khadir a maintenu que le PQ ne pourra pas faire la souveraineté, attribuant cela à la propension des péquistes à vouloir se gagner l'appui des «patrons».

«Le PQ, sa direction actuelle, avec son approche, sa renonciation à défendre les intérêts du peuple de manière convaincante, et résolue et courageuse, fait en sorte qu'ils ne peuvent pas faire la souveraineté», a-t-il dit.

La perspective d'une alliance électorale semblait bien improbable, mercredi, M. Khadir répétant que les militants de son parti sont opposés à de telles alliances et que le PQ n'a formulé encore aucune proposition concrète.

«La réalité au moment où on se parle pour Québec solidaire, c'est qu'il faut quand même qu'on se prépare, puis, pour nous, c'est ça, la réalité, c'est-à-dire se préparer et présenter des candidats partout au Québec», a-t-il dit.