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02/08/2012 08:59 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

Le divorce du meurtrier Russell Williams révèle désormais quelques informations

TORONTO - Les éléments clés d'un très large interdit de publication ont été levés à propos des procédures de divorce entre le tueur et agresseur sexuel Russell Williams et sa femme.

L'épouse de l'ancien colonel, Mary Elizabeth Harriman, n'a pas déposé de demande auprès de la Cour suprême du Canada pour renverser une décision de la Cour d'appel de l'Ontario levant un interdit de publication dans l'affaire.

La Cour d'appel a mis fin à de grands pans de l'interdit dans une décision rendue le 24 janvier, mais a permis à ces interdictions de demeurer en place pendant 14 jours pour permettre à Mme Harriman de contester la décision.

Ce délai s'est écoulé et la Cour suprême n'a pas reçu de demande d'appel de la décision du tribunal ontarien.

Cela signifie que certaines informations, dont le nom de Mme Harriman, son adresse, son employeur, son salaire et certaines informations médicales, peuvent désormais être rendues publiques.

L'interdit continue toutefois de s'appliquer à son numéro d'assurance sociale, sa date de naissance, son numéro de compte bancaire et le contrat privé que le couple a signé six semaines après que Williams eut été accusé de meurtre prémédité.

Autrefois une étoile montante dans l'armée et commandant de la base des Forces canadiennes à Trenton, en Ontario, Williams a été condamné à la prison à vie en octobre 2010 après avoir plaidé coupable pour les meurtres de la caporale Marie-France Comeau et de Jessica Lloyd.

Il a également été reconnu coupable de deux agressions sexuelles et d'une dizaine d'introductions par effraction. Les Forces canadiennes l'ont dégradé après sa condamnation et, geste rare, ont brûlé son uniforme.

L'avocat de Mme Harriman a argué que l'ouverture des procédures auprès du public causerait encore plus de mal à sa cliente qu'elle n'en a déjà subi.

La plus haute cour de l'Ontario a semblé compatir avec Mme Harriman dans sa décision du 24 janvier, affirmant qu'elle semblait être «une autre victime de la dépravation de Williams».

Le tribunal a toutefois jugé que le magistrat de première instance avait erré en accordant le large interdit de publication, arguant que la preuve ne soutenait pas sa conclusion selon laquelle l'interdit était nécessaire pour éviter un risque sérieux envers l'administration de la justice.

L'avocat Richard Dearden, qui représentait une coalition de groupes de médias contestant l'interdit, a qualifié le jugement de décision importante pour la liberté de presse. Il a notamment soutenu qu'il existait un véritable intérêt du public pour connaître la manière dont la Cour divisera les biens du couple, comme la pension militaire de Williams.

Deux des victimes de Williams, Laurie Massicotte et une femme dont le nom fait l'objet d'un interdit de publication, ont intenté des poursuites contre Williams et Mme Harriman.

Les deux ont affirmé dans leurs déclarations que Williams avait secrètement — et de manière frauduleuse — transféré des biens à sa femme en mars 2010 après avoir été accusé au criminel.

Les affirmations, qui n'ont pas été prouvées en cour, ont fait l'objet d'un déni vigoureux de la part de Mme Harriman dans ses déclarations de défense.

Un voisin de Williams le poursuit également, lui, la police et une des victimes.