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02/08/2012 08:34 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

Le Huffington Post Québec promet d'être progressiste et «tout sauf provincial»

MONTRÉAL - Le Huffington Post Québec a fait ses débuts en ligne mercredi matin en promettant d'être «progressiste», sans toutefois se ranger à gauche ou à droite de l'échiquier politique.

Cette édition québécoise du populaire site d'information américain fondé par Arianna Huffington propose un mélange de reportages inédits, de blogues et de liens vers des articles publiés par d'autres médias.

«Nous allons au-delà du clivage gauche-droite», a soutenu Mme Huffington lors d'une rencontre avec certains journalistes tenue dans un hôtel du Vieux-Montréal.

Dans un texte publié mercredi matin, l'Américaine d'origine grecque a assuré que le Huffington Post Québec serait «une édition qui est tout sauf 'provinciale'».

«C'est la première fois que deux éditions du HuffPost paraissent à l'intérieur d'un même pays, a-t-elle écrit. Soyez sans crainte: il n'y aura pas de lutte fratricide, mais bien une collaboration étroite entre les deux équipes éditoriales.»

La présidente du Huffington Post Media Group a expliqué qu'à ses yeux, le lancement d'une édition qui donne toute sa place à la «nature distincte» de la culture québécoise était «la seule façon de saisir l'essence du Canada».

Plus tôt mercredi, en entrevue à la radio de CBC, Arianna Huffington avait dit souhaiter que le Québec reste au sein du Canada. Mais quand on lui a reposé la question lors de la rencontre de presse, elle s'est montrée plus prudente, se limitant à dire que le Huffington Post voulait «absolument faire partie du débat» sur l'avenir du Québec, sans toutefois prendre position.

Le Huffington Post Québec est dirigé par le rédacteur en chef et éditeur Patrick White. Jean-Philippe Cipriani, un ancien de Radio-Canada, agit à titre de chef des nouvelles et Tamy Emma Pepin, qui a travaillé au Journal de Montréal, à titre de responsable des blogues. Des employés contractuels complètent l'équipe.

Blogueurs

Parmi les blogueurs contribuant au site figurent le président haïtien Michel Martelly, l'animatrice Anne-Marie Withenshaw, les députés Yves-François Blanchet (Parti québécois) et Fatima Houda-Pépin (Parti libéral), l'avocat Julius Grey, le spécialiste des nouveaux médias Bruno Guglielminetti, la sexologue Jocelyne Robert ainsi que la journaliste féministe Francine Pelletier.

Comme le veut le modèle du Huffington Post, aucun d'entre eux ne sera payé pour ses textes. La vive controverse entourant cette pratique découle d'un «malentendu» à propos du fonctionnement du Huffington Post, a affirmé mercredi sa fondatrice.

«Le marché que nous passons avec nos blogueurs, c'est qu'ils nous donnent du bon contenu et en retour, nous leur donnons accès à une communauté très active avec qui ils peuvent interagir», a-t-elle expliqué, en soulignant que le HuffPost croulait sous les propositions de blogues et que d'autres médias ne rémunéraient pas certains de leurs collaborateurs.

Hormis la dizaine de blogueurs qui devaient participer au Huffington Post Québec mais qui ont changé d'idée avant le lancement (dont Amir Khadir, Françoise David, Philippe Couillard, Bernard Drainville et Steven Guilbault), pas moins de 120 personnalités se seraient engagées à collaborer au site.

Plusieurs des textes de l'édition québécoise seront issus des autres éditions du Huffington Post: Canada, France, États-Unis et Royaume-Uni. Le site publiera également des articles provenant d'agences comme La Presse Canadienne, Associated Press et l'AFP.

L'édition canadienne anglaise du Huffington Post a été lancée en mai 2011. AOL, qui est propriétaire de l'entreprise depuis février 2011, a qualifié mercredi de «phénoménal» le succès de ce site et a dit espérer que la version québécoise suive cette voie, sans toutefois donner de chiffres.

Les prochaines éditions du Huffington Post doivent voir le jour en Espagne et en Italie plus tard cette année. Arianna Huffington a évoqué mercredi son désir de lancer des versions en Allemagne, au Japon, au Brésil et en Grèce, où des pourparlers sont en cours. Une télévision en ligne doit également apparaître cet été.