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02/08/2012 07:17 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

Le PLC craint que les pro-vie ne menottent le parti lors d'élections partielles

OTTAWA - Certains députés libéraux fédéraux craignent que des militants pro-vie tentent de noyauter leur parti déjà affaibli.

Leurs peurs ont été alimentées par l'apparente réapparition d'un groupe s'appelant Liberals for Life, qui soutient la campagne de Trifon Haitas comme candidat libéral pour l'élection partielle du 19 mars dans la circonscription de Toronto-Danforth, la circonscription de l'ancien chef néo-démocrate Jack Layton.

Le groupe a émis un «message urgent» aux libéraux de la circonscription, les pressant d'appuyer M. Haitas, un journaliste gréco-canadien qui s'est déjà présenté sous la bannière du Parti vert.

Selon le message électronique, le groupe affirme que Trifon Haitas est le seul candidat déterminé à «mettre fin au massacre d'enfants non-nés» au pays.

Le message contient un lien vers un appui de M. Haitas par la Campaign Life Coalition, une organisation nationale opposée à l'avortement.

L'élection partielle dans Toronto-Danforth, une circonscription tout juste à l'est du centre-ville de la métropole ontarienne, est devenue nécessaire après le décès de M. Layton, en août dernier. Les libéraux doivent nommer leur candidat jeudi; M. Haitas fait face au publicitaire Grant Gordon.

L'organisation Liberals for Life a dirigé un mouvement visant à prendre le contrôle d'associations dans des circonscriptions «dormantes» et d'y favoriser la nomination de candidats pro-vie à la fin des années 1980 et au début des années 1990, lorsque le parti se trouvait dans un état de faiblesse similaire.

Le groupe a semblé disparaître après 1992, lorsque les libéraux ont donné à leur chef de parti le droit de nommer les candidats — un geste visant directement à empêcher les tentatives de noyautage par les groupes de pression à visées uniques, bien que ce privilège ait ensuite été utilisé à d'autres fins.

Lors du congrès du Parti libéral du Canada, le mois dernier, des délégués ont néanmoins fait part de leurs inquiétudes à propos du fait que les conditions seraient de nouveau réunies pour que de tels groupes tentent d'imposer leur ordre du jour unique, en raison du fait que la députation libérale a été réduite à un minimum historique de 34 sièges lors des élections de mai dernier. Des responsables du parti estiment que les associations libérales sont dormantes dans quelques 80 circonscriptions à travers le pays et faibles dans de nombreuses autres.

M. Haitas a expliqué mercredi que le groupe Liberals for Life n'était pas disparu.

«Il est encore fort. Il est toujours là et effectue du bon travail», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique, bien qu'il ne puisse fournir les noms des organisateurs.

Le chef libéral intérimaire Bob Rae a dit ne pas être au courant des opinions de M. Haitas et n'a pas vu d'indice d'un retour des Liberals for Life ou de tout autre groupe à visée unique tentant de prendre le contrôle de Toronto-Danforth ou de toute autre circonscription.

Il a également souligné que le chef possédait toujours la capacité «résiduelle» de nommer les candidats si nécessaires, avec l'approbation de l'exécutif national du parti, mais a précisé qu'il ne s'agissait pas là de sa méthode de prédilection.