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02/08/2012 06:36 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

Poignée de main Hollande-Sarkozy au dîner du CRIF

PARIS - François Hollande serrant la main de Nicolas Sarkozy. A moins de trois mois de la présidentielle, le dîner du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, a pris une saveur particulière mercredi soir, en mettant en présence les deux principaux adversaires.

La soirée aura aussi été marquée par la venue des parents de Gilad Schalit, le soldat franco-israélien qui a été détenu pendant cinq ans dans la Bande de Gaza.

Le chef de l'Etat, qui n'a pas encore officialisé sa candidature mais devrait le faire sous peu, était l'invité d'honneur du dîner du CRIF, comme en 2008 et en 2011. Ce rendez-vous a rassemblé comme chaque année de nombreuses figures de la classe politique française, à l'exception de l'extrême droite.

Parmi ces figures, François Hollande, donné favori par les sondages, a assisté au discours de Nicolas Sarkozy. Puis il s'est rendu jusqu'à la table où étaient assis le chef de l'Etat et plusieurs membres de son gouvernement, dont le Premier ministre François Fillon.

Le député de Corrèze a serré la main de son adversaire non encore déclaré, échangeant quelques mots avec lui. Interrogé ensuite sur ce qu'il avait dit à Nicolas Sarkozy, François Hollande a répondu "bonjour" - sans plus de précisions.

A son arrivée au dîner, le candidat du PS a expliqué qu'il venait "chaque année". "Il n'y a pas de raison en 2012 de modifier ce qui est un rendez-vous avec les juifs de France", a-t-il estimé. Il a précisé qu'il écoutait chaque fois "l'autorité qui prononce le discours", qu'il s'agisse du Premier ministre ou du président. Avant de glisser: "Je ne sais pas qui prononcera le message en 2013".

L'autre image de la soirée restera la présence des parents de Gilad Schalit, arrivés avec Nicolas Sarkozy au pavillon d'Armenonville, au bois de Boulogne. Prononçant un bref discours en français, Noam Schalit a tenu à remercier le chef de l'Etat mais aussi "tous les Français, anonymes ou célèbres", qui ont soutenu la cause de son fils.

Se lançant dans un discours improvisé, Nicolas Sarkozy a dit sa "grande émotion". Le chef de l'Etat avait reçu à la mi-journée à l'Elysée le soldat franco-israélien et ses parents.

"La mission de la France, c'est d'être aux côtés de tous les Gilad Schalit, dans les geôles de Gaza ou ailleurs dans le monde", a-t-il déclaré.

Gilad Schalit, enlevé le 25 juin 2006 par des militants gazaouis infiltrés en Israël, est resté captif plus de cinq ans. Le jeune soldat est rentré le 18 octobre en Israël, dans le cadre d'un accord d'échange de prisonniers conclu entre l'Etat hébreu et le Hamas.

Le chef de l'Etat a fait référence à la libération d'Ingrid Betancourt, le 2 juillet 2008, plus de six ans après son enlèvement par les FARC en Colombie, ainsi qu'aux infirmières bulgares qui étaient emprisonnées en Libye et ont été libérées au tout début de son mandat.

Il a longuement loué la réconciliation à laquelle sont parvenues la France et l'Allemagne après la Seconde guerre mondiale, la présentant comme un "chemin" à suivre "pour Israël et les Palestiniens".

"Puissiez-vous (...) comprendre que quand le destin met deux peuples voisins l'un de l'autre, quelles que soient les passions, les peurs, les haines, il faudra apprendre à vivre ensemble, il faudra se parler, il faudra se comprendre", a-t-il exhorté, avant de mettre en garde Israël: "La France considère qu'il y a des souffrances des deux côtés et que nier une souffrance d'un côté, c'est faire le nid des extrémistes".

"La France dit: peuple israélien, peut-être mieux qu'un autre peuple, vous pouvez comprendre le besoin d'espérance des Palestiniens", a-t-il affirmé, défendant une solution à deux Etats. "Telle est la position de la France: un Etat pour le peuple juif, un Etat pour le peuple palestinien". AP

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