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02/08/2012 08:40 EST | Updated 04/09/2012 05:12 EDT

Recensement: l'Ouest est désormais plus populeux que le Québec et l'Atlantique

OTTAWA - Pour la toute première fois de l'histoire du Canada, plus de gens vivent dans l'Ouest du pays que dans les provinces de l'Atlantique et du Québec réunies, un glissement du centre démographique qui pourrait être lourd de répercussions.

Les données du dernier recensement publiées mercredi par Statistique Canada démontrent que l'Est du pays perd des plumes par rapport aux Prairies et à la Colombie-Britannique, qui sont pour leur part en plein essor.

Des 33 476 688 personnes qui vivaient au Canada en date du 10 mai 2011, 30,7 pour cent habitaient dans l'une des quatre provinces de l'Ouest, soit 0,1 pour cent de plus que celles résidant dans l'Est.

Le Québec, qui connaît malgré tout une croissance de 4,7 pour cent, voit son poids relatif s'éroder un peu plus à chaque recensement. Comptant désormais 7 903 001 âmes, il n'abrite plus que 23,6 pour cent de la population canadienne. Il y a 60 ans, les Québécois représentaient pas moins de 28,9 pour cent des Canadiens.

Cet état de fait n'est pas sans conséquences, puisque le nombre de sièges que compte chaque province à la Chambre des communes, de même que les montants des transferts fédéraux, prennent en ligne de compte la population.

Un bon niveau d'immigration, une hausse du nombre de résidents non permanents ainsi qu'une fécondité plus élevée a permis au Québec de garnir un peu ses rangs. Cette augmentation a cependant été contrecarrée par son bilan migratoire interprovincial négatif - les Québécois quittant la province pour tenter leur chance dans une autre région du Canada étant nombreux.

«C'est vrai que la migration interprovinciale est souvent reliée à des phénomènes économiques. On sait par exemple que l'économie albertaine, et plus récemment l'économie de la Saskatchewan axée sur les ressources naturelles qui sont très en demande, ça peut attirer des travailleurs», a expliqué l'analyste de Statistique Canada, Laurent Martel.

La chute du poids relatif du Québec n'est pas une nouveauté: cette tendance se dessine depuis déjà 60 ans. En 1951, seulement quatre points de pourcentage séparaient la population du Québec de celle de l'Ontario, un écart qui s'élève aujourd'hui à 15 pour cent.

«On a vu une lente décroissance de la proportion que représente le Québec dans l'ensemble canadien (...). Il y a des tendances qui sont lourdes, et le recensement de 2011 en quelque sorte confirme la poursuite de ces tendances-là», a noté Martel.

Accélération de la croissance

De façon générale, de plus en plus de gens habitent le Canada. Entre 2006 et 2011, la croissance démographique du pays s'est accélérée pour s'établir à 5,9 pour cent par rapport à 5,4 pour cent lors de la période précédente.

Il s'agit de la hausse démographique la plus importante des pays du G8. Statistique Canada estime qu'environ le deux tiers de cette hausse est attribuable à l'immigration, l'autre portion étant liée à l'accroissement naturel par les naissances. À l'inverse, des pays comme les États-Unis et la France, qui ont un taux de fécondité élevé, comptent sur le fort nombre de grossesses pour accroître sa population.

La riche Alberta, gorgée de pétrole et de gaz, est la province qui a enregistré la plus forte croissance démographique avec 10,8 pour cent d'augmentation. Elle est suivie par la Colombie-Britannique (7 pour cent) et la Saskatchewan (6,7 pour cent). Du côté des territoires, c'est le Yukon qui a fait la meilleure figure, avec une hausse de 11,7 pour cent de ses habitants.

L'Ontario reste la province la plus populeuse du pays, mais elle a vu son rythme de croissance ralentir quelque peu, passant de 6,6 pour cent observée en 2006 à 5,7 pour cent en 2011. Les provinces de l'Atlantique voient elles aussi leur population croître, mais à un rythme inférieur à la moyenne nationale.

En marge du portrait de la population qu'elle a brossé, Statistique Canada prévient qu'avec le vieillissement de la population et le fort nombre de décès, la croissance démographique naturelle risque bien de continuer sa descente. D'ici une vingtaine d'année, l'accroissement de la population pourrait approcher zéro, à moins que le pays se dote d'une politique d'immigration soutenue ou encore que les Canadiens se mettent à faire bien plus de bébés.