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02/10/2012 06:58 EST | Updated 04/10/2012 05:12 EDT

Syrie: deux attentats à la voiture piégée à Alep font au moins 28 morts

ALEP, Syrie - Deux attentats à la voiture piégée ont visé vendredi deux bâtiments de la sécurité à Alep, dans le nord de la Syrie, faisant 28 morts et 235 blessés, ont annoncé les médias officiels.

La télévision officielle a rapporté que «des civils et des militaires ont été martyrisés et blessés par des explosions terroristes qui ont visé Alep». La cible des attentats était le complexe du Directorat de la sécurité militaire et un autre corps de police.

Au moins 27 civils ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne établi à Londres.

L'explosion s'est produite près d'un jardin public où jouaient des enfants. Des débris jonchaient la rue et les habitations à proximité ont eu les vitres brisées.

Des responsables de la sécurité ont déclaré que des kamikazes installés à bord de véhicules remplis d'explosifs avaient tenté de pénétrer à l'intérieur des deux bâtiments.

Ce sont les premières explosions qui visent Alep, relativement épargnée depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad, il y a 11 mois.

Des militants anti-Assad ont nié toute implication et ont accusé le régime d'avoir déclenché les explosions pour salir l'opposition alors que les forces gouvernementales continuent de pilonner les rebelles dans l'un de leurs principaux bastions, Homs. Les médias officiels ont affirmé que les explosions étaient la preuve que l'État était aux prises avec une campagne terroriste, et non pas une révolte populaire.

De son côté, le capitaine Ammar al-Wawi de l'Armée syrienne libre, un groupe de rebelles qui veut renverser le régime par la force, a nié l'implication de son mouvement. Il a plutôt précisé que des combattants de son groupe avaient brièvement échangé des coups de feu avec des troupes de l'État à plusieurs centaines de mètres du centre de renseignements militaires, et ce environ une heure avant les explosions, mais qu'ils n'étaient pas responsables de celles-ci.

«Les explosions sont l'oeuvre du régime qui veut détourner l'attention du monde sur les crimes qu'il commet contre le peuple de Homs», a-t-il dit.

Personne n'a revendiqué les attaques.

La ville d'Alep n'est pas un terreau fertile pour les opposants au président Al-Assad, la population majoritairement composée d'hommes d'affaires et de commerçants ayant depuis longtemps échangé leurs libertés politiques contre des privilèges économiques.

Après six journées consécutives de bombardement, les forces syriennes se sont déployées, pour la première fois, sur le terrain dans plusieurs quartiers de la ville rebelle de Homs. Des soldats appuyés par des chars ont pénétré dans le quartier de Inshaat, et fouillaient maison après maison à la recherche de militants, d'après l'Observatoire syrien des droits des l'homme. Le chef de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman, a estimé que les soldats «punissaient les militants».

La ville a été bombardée par des chars et des mitrailleuses jusqu'à l'aube vendredi, a constaté Majd Amer, un militant de Khaldiyeh, un des quartiers visés.

La répression du soulèvement populaire en Syrie a fait plus de 5400 morts depuis mars, selon l'ONU.