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11/22/2016 15:53 EST | Updated 11/23/2017 00:12 EST

Couillard ne dit plus non à une enquête publique sur les relations entre policiers et Autochtones

Participant à une courte mêlée de presse, mardi à Québec, à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, M. Couillard s'est toutefois montré extrêmement prudent sur les démarches à venir puisqu'il n'a pas encore convenu de la nature de ces démarches avec les chefs autochtones.

« Je n'ai pas dit qu'on ferme la porte à quoi que ce soit, mais je ne suis pas en train de vous annoncer quelque chose », a d'abord dit le premier ministre.

« Je ne préjuge de rien et je ne suis pas en train de faire une intervention publique qui donnerait à ceux à qui j'ai parlé l'impression que je les place devant le fait accompli et que tout est décidé à l'avance », a-t-il ajouté.

La rencontre avec le chef Picard a semblé avoir causé une forte impression chez le premier ministre.

« Je comprends tout à fait le sentiment de frustration et même de désespoir que peuvent ressentir notamment les femmes autochtones des communautés autour de Val-d'Or suite à l'issue - ou à la non-issue, définissez-le comme voulez - des démarches policières et judiciaires », a-t-il dit.

Philippe Couillard a dit être « conscient du traumatisme énorme dans les communautés » et indiqué qu'il ne fallait pas banaliser la situation. Il a ajouté qu'il « ne banalise pas non plus l'enjeu sous-jacent, qui a été pointé comme étant un élément de racisme systémique », et qu'il avait la ferme intention de « trouver une façon concrète et pratique d'apporter des réponses », en concert avec les chefs autochtones.

Cependant, même s'il s'est montré ouvert à reconnaître l'existence d'un racisme systémique au Québec et à s'y attaquer, il a aussi averti que le Québec n'était pas une société distincte à ce chapitre. « Il ne s'agit pas de flageller le Québec ou de le singulariser. Toutes les sociétés ont à faire face à ça », a-t-il dit.

Québec solidaire appuie la demande d'enquête

Au même moment, Québec solidaire tenait une conférence de presse avec un groupe de femmes autochtones afin de leur offrir l'appui inconditionnel de la formation politique à la demande d'une commission d'enquête judiciaire indépendante sur les relations entre Autochtones et forces policières au Québec.

Faisant écho aux propos de chefs autochtones qui avaient réitéré cette demande la veille à Montréal, la députée Manon Massé a elle aussi rejeté l'idée d'une table de concertation proposée par le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

Selon Mme Massé, cette table ne donnerait rien de plus que ce que l'on sait déjà sur les besoins des communautés autochtones alors que c'est plutôt une analyse plus fine de la source du problème qui est requise.