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11/22/2016 18:12 EST | Updated 11/23/2017 00:12 EST

Des manifestants demandent que l'Î.-P.-É. reconnaisse les sages-femmes

Les manifestants ont occupé le devant de l'édifice de l'Assemblée législative de la province afin de porter leur message aux élus.

Pendant ce temps à l'intérieur de l'Assemblée, la députée libérale Kathleen Casey a déposé une pétition de 658 noms réclamant que la province réglemente la profession et que le service soit financé.

Une lutte de longue haleine

Des organismes de promotion des droits des femmes, comme BORN, mènent ce combat depuis plus d'une quinzaine d'années.

« On aimerait voir les sages-femmes incluses comme profession dans le système de santé à l'Île. Nous sommes présentement la seule région du Canada où elles ne le sont pas », » explique Jill Olscamp, membre du groupe.

La directrice provinciale du Conseil consultatif sur la situation de la femme, Jane Ledwell est bien au fait de l'état des choses. Elle-même mère de deux enfants, elle aurait aimé pouvoir profiter de l'accompagnement par une sage-femme pendant ses grossesses. Elle a plutôt eu recours aux services d'une doula, un service qu'elle a du payer elle-même.

« On a besoin de docteurs et de chirurgiens dans quelques cas » explique Mme Ledwell. « Mais pour la plupart [des cas], c'est normal d'avoir un accouchement sans complication. »

Avec les sages-femmes, quelques femmes décideront d'avoir un bébé chez elles. Cela représente moins de coûts pour les hôpitaux et pour les honoraires des docteurs et chirurgiens.

Jane Ledwell, directrice du Conseil consultatif sur la situation de la femme

Pas une priorité pour la province?

Pour l'instant, aucune annonce ne laisse présager que le gouvernement priorisera ce dossier prochainement.

« Les sages-femmes ne vont pas apparaître à l'Île-du-Prince-Édouard, sans actions du gouvernement pour assurer un cadre de réglementation et assurer le financement public », laisse tomber Jane Ledwell.

Selon l'organisme BORN, la province pourrait s'inspirer du modèle néo-écossais. « On a vu le succès en Nouvelle-Écosse », plaide Jill Olscamp. « On aimerait que leur modèle soit inclus ici à l'Île, parce qu'il fonctionne là aussi avec une population d'assez petite taille. Selon nous, c'est un modèle qui pourrait fonctionner ici aussi. »

D'après le reportage de Jean-Luc Bouchard