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11/22/2016 17:45 EST | Updated 11/23/2017 00:12 EST

White Birch : la poursuite de 67 M$ des retraités contre le syndicat peut aller de l'avant

La Cour supérieure du Québec rejette la demande du syndicat qui souhaitait faire annuler la poursuite sous prétexte qu'il n'avait pas d'accréditation pour représenter les retraités.

Quelque 435 retraités de la papetière reprochent à Unifor de ne pas les avoir consultés, malgré des demandes répétées, avant d'entériner une entente avec l'employeur qui a eu pour effet d'amputer leurs prestations de retraite de 29 % à 35 %.

Cette entente, intervenue en 2012 et qui a mis fin au régime de retraite à prestations déterminées, était une condition imposée par l'employeur afin de rouvrir l'usine qui avait arrêté sa production en raison de difficultés financières.

L'avocat des retraités, Me Jocelyn Morency, tentera de démontrer devant la Cour qu'en pareilles circonstances, Unifor ne pouvait pas défendre adéquatement les intérêts de ses anciens membres.

« Le syndicat avait des intérêts divergents à la même table de négociation en privilégiant la réouverture de l'usine et la protection des quelques 200 ou 300 employés et en laissant pour compte environ 700 retraités », fait valoir Me Morency.

Ils n'ont pas pu négocier, s'asseoir à la table et faire valoir leurs droits.

Jocelyn Morency, avocat des retraités de l'usine White Birch

« Quand on participe à un régime de retraite, on estime que c'est un contrat à vie, ajoute l'avocat. On planifie notre retraite en conséquence qu'on aura notre ristourne à laquelle l'employeur s'engage. »

Une première au Canada

Il s'agit de la première fois qu'un groupe de retraités s'adresse aux tribunaux pour intenter un recours contre leur ancien syndicat.

Selon Me Morency, cette cause pourrait redéfinir le rôle des syndicats quant à la défense des intérêts de leurs anciens membres.

« Les syndicats sont protectionnistes de qui s'assoit autour d'une table de négociation, c'est une culture que l'on connaît et qui devra peut-être changer dans l'avenir », analyse-t-il.

Le syndicat Unifor pourrait à nouveau tenter de faire rejeter la poursuite contre lui. Il a jusqu'au 3 décembre pour interjeter appel de la décision de la Cour supérieure.