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01/11/2017 14:28 EST | Updated 01/12/2018 00:12 EST

Les petits foyers au N.-B. veulent accueillir des aînés en attente de places en soins prolongés

Des associations représentant les foyers de soins du Nouveau-Brunswick unissent leurs voix pour dénoncer que tous les aînés ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin. Elles estiment que si elles s'associaient, les hôpitaux seraient désengorgés.

On compte environ 1500 places libres pour des personnes perdant tranquillement leur autonomie dans des établissements privés. De l’autre côté du spectre, un lit sur cinq (20 %) dans les hôpitaux est occupé par une personne attendant une place dans un foyer, souvent pour des soins plus importants.

À l’heure actuelle, 700 personnes attendent une place dans un foyer et ont leur nom sur une liste d’attente.

Selon Nathalie Blanchard, présidente de l’Association francophone des établissements de soins spéciaux du Nouveau-Brunswick, il faudrait que le gouvernement facilite la création de places dans des centres offrant des soins plus lourds. Elle croit que la province pourrait offrir un coup de pouce financier pour aider à former le personnel de ces résidences pour personnes âgées.

À chaque niveau son degré de soins

Les niveaux de soins sont parfois classés entre les niveaux « un » et « quatre », où les premiers sont des personnes plutôt autonomes, nécessitant peu de soins, et les derniers des personnes ayant besoin de soins d’ordre cliniques, vu leur perte d’autonomie.

Afin d’optimiser les soins, les associations représentant les différents niveaux suggèrent de travailler de pair. « Il y aurait certainement une possibilité de travailler en collaboration avec les employés des foyers de soins de niveau un et deux », souligne Jean-Eudes Savoie, président sortant de l’Association des foyers de soin du Nouveau-Brunswick.

De son côté, Suzanne Dupuis-Blanchard, titulaire de la Chaire de recherche sur le vieillissement de l’Université de Moncton, est sceptique face à l’efficacité de cette collaboration. Elle doute que des gens ayant besoin de soins de niveau trois ou quatre aient accès à des soins adéquats dans des foyers offrant plutôt les niveaux un et deux. « Même avec la formation et le personnel adéquat [je me] questionne », a-t-elle soufflé.

Cette dernière est toutefois, elle aussi, de ceux qui affirment que ce qui désengorgera les hôpitaux, c’est offrir davantage de places de niveau trois, soit dans les foyers de soins.

Les mauvais soins en fonction des besoins

À l’échelle nationale, c’est au Nouveau-Brunswick que les aînés restent dans les foyers le plus longtemps. Pour certains, c’est le signe qu’ils y entrent peut-être de façon prématurée, alors qu’ils sont encore autonomes.

C’est également à ce niveau que le gouvernement provincial met ses efforts, soit dans les soins à domicile. Mme Blanchard fait remarquer que c’est une approche qui ne fonctionne que si ces aînés ont un réseau pour les soutenir et que ce n’est peut-être pas le front le plus important sur lequel travailler.

En attendant, Fredericton n’a pas montré d’intérêt particulier pour contribuer à augmenter les responsabilités des établissements de niveaux un et deux.

D'après le reportage de Michel Nogue