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01/11/2017 14:04 EST | Updated 01/12/2018 00:12 EST

Procès du « père grand-père » : une deuxième présumée victime prend la barre

Rappelons que l’accusé, qui est défendu par les avocats Antonio Cabral et Jacky Salvant, est un septuagénaire originaire de Val-des-Monts. Il fait face à six accusations de nature sexuelle.

Une fille de l’accusé, aujourd’hui âgée de 53 ans, qui témoignait, mercredi, pour une seconde journée, a tenté d’expliquer pourquoi elle avait mis des années avant de parler à quiconque des sévices sexuels que lui aurait fait subir son père.

Lors de son contre-interrogatoire, elle a expliqué ne pas vouloir parler de son secret parce qu’elle le trouvait trop lourd. Hormis les viols à répétition, la présumée victime disait craindre les colères de son père, qui n’aurait jamais hésité à s’en prendre verbalement et physiquement à sa famille.

Ce n’est qu’à l’âge de 51 ans, lors d’une conversation avec sa soeur portant sur leur famille dysfonctionnelle, que la femme se serait ouverte sur le calvaire qu’elle aurait vécu.

Peu de temps après, elle communiquait avec la police et avec un Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

La présumée victime a aussi abordé l’impact qu’auraient eu ces agressions multiples sur sa vie. Elle dit n’avoir jamais eu de conjoint et avoir très peu d’estime d’elle-même. Néanmoins, elle est parvenue à faire un retour aux études à 40 ans, réussissant avec brio une formation en éducation spécialisée.

Ses démons l’ont cependant rattrapé. Disant se trouver incompétente, elle a raconté n’avoir jamais pu travailler dans son domaine.

Une deuxième présumée victime témoigne

Une deuxième présumée victime de l’accusé a également pris la barre des témoins mercredi. La femme de 45 ans est une autre fille de celui-ci, issue d’une relation extra-conjugale. Le père aurait commencé à l’intégrer au sein du giron familial alors qu’elle n’avait que sept ans. Selon ses dires, les attouchements sexuels auraient commencé au même moment.

Ils auraient pris fin quand la victime alléguée avait 15 ou 16 ans.

Cette dernière a raconté ne pas avoir dénoncé son père par crainte de briser la famille. Toujours selon cette seconde victime allégue, c’est lorsqu’elle a appris l’arrestation de son père pour agression sexuelle en 2014 qu’elle a communiqué avec sa nièce, afin de lui dire que sa mère n’était pas la seule victime dans cette histoire.

Témoignant avec aplomb, elle a jeté un regard déterminé vers le box des accusés où était assis son père. « Je suis contente de le voir en dedans. Il a ruiné ma jeunesse », a-t-elle déclaré, ajoutant avec émotion qu’elle avait toujours pensé mourir avec ce secret.

Puis, elle s’est dite contente d’avoir témoigné, disant croire que cela allait marquer un nouveau départ pour elle.

À la toute fin de son témoignage, elle a tenu à se retourner vers son père et à lui adresser la parole. « Je te dis bye, Dad ” lui a-t-elle dit.

Le procès se poursuit mercredi.

Avec les informations de la journaliste Pascale-Marie Dufour