NEWS
02/15/2017 15:18 EST | Updated 02/16/2018 00:12 EST

Rafle des années 1960 : le jugement donne espoir en Alberta

Un texte de Nicolas Pelletier

Adam North-Peigan n'a pas de souvenirs du moment où les services sociaux de l'Alberta l'ont retiré de sa famille de la Première Nation de Piikani, dans le sud de la province.

En revanche, il en ressent encore les conséquences.

J’ai eu une perte d’identité, de culture, de repères. Mon enfance a été marquée par le sentiment d’abandon.

Adam North-Peigan

Il explique s'être retrouvé dans cinq familles d'accueil et dans au moins deux refuges d'urgence pour enfants.

« J’ai souvenir de plusieurs nuits où ne pouvant pas dormir, je regardais par la fenêtre en me demandant qui j’étais, confie-t-il avec une voix chancelante. Je ne nierai pas que j’ai pensé au suicide, parce que je n’avais vraiment aucun sentiment d’appartenance. »

Aujourd'hui âgé de 52 ans, il reconstruit sa relation avec sa communauté, mais doit encore vivre avec les traumatismes de cette époque.

Espoir

Il est difficile d'établir un nombre précis, mais des milliers d'enfants comme Adam North-Peigan ont été enlevés de leurs familles pour être placés en adoption dans des familles blanches.

Le jugement ontarien lui donne aujourd’hui espoir.

Le verdict aura un effet boule de neige, croit-il, et j’espère que cela forcera les autres provinces, comme l’Alberta, à réfléchir aux manières d’indemniser les victimes.

Adam North-Peigan

En Alberta, une demande en recours collectif de 250 millions de dollars doit être entendue devant les tribunaux le 11 avril à Calgary.

Adam North-Peigan dit faire pression depuis des mois pour obtenir une excuse publique officielle du gouvernement provincial.

Ce dernier affirme l’avoir rencontré et confirme qu'il étudie les conséquences qu'aura le jugement ontarien en Alberta.