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03/27/2017 17:28 EDT | Updated 03/28/2018 01:12 EDT

Jordie Benn sort de l'ombre de son frère à Montréal

Ils ont joué ensemble au baseball et au hockey. Ils se sont retrouvés dans le même vestiaire de la Ligue nationale (LNH) à Dallas pendant six ans, mais jamais encore les frères Jordie et Jamie Benn n'avaient eu l'occasion de se frotter l'un à l'autre dans une compétition de haut niveau.

Un texte d'Alexandre Gascon

Mardi soir au Centre Bell, lorsque les Stars de Dallas affronteront le Canadien, ce sera une grande première chez les Benn. Pour les deux frères qui se feront face évidemment, mais aussi pour les parents, Heather et Randy.

« Mon père n’aura pas trop le temps de s’énerver, il s’occupe de mes chiens, mais ma mère va être un paquet de nerfs. Elle va probablement applaudir chaque fois qu’il y aura un but, peu importe quelle équipe va compter », a lancé Jordie Benn lundi matin.

Depuis l’arrivée de Jordie Benn à Montréal, les frères se parlent pratiquement tous les jours. Jordie suit les exploits presque routiniers de Jamie et à l’inverse, le cadet s’informe du parcours de son aîné qui s’établit avec confiance dans un des marchés les plus médiatisés de la ligue.

« J’ai regardé presque tous les matchs, ça me fait quelque chose à faire quand je ne joue pas, a expliqué Jamie Benn. Je me suis même mis à suivre le Canadien sur Twitter. Il est à un bon endroit. Montréal, c’est une excellente organisation, une bonne équipe. Ça va bien jusqu’à présent, il s’est bien intégré et il s’amuse. »

Avec sa barbe spectaculaire, son allure décontractée et son sens de la répartie vif, l’aîné des frères Benn semble en effet s’intégrer facilement à son nouveau milieu de travail. Il semble même taillé sur mesure pour le marché montréalais.

« De ce que j’ai entendu, il adore ça ici, a renchéri Jamie. Il s’habitue aux médias un peu plus, à avoir des micros dans le visage tous les jours. Je lui parlais hier (dimanche) et je le taquinais à savoir s’il allait essayer d’apprendre le français ou non. Il me disait qu’il essaie, je pense qu’il va bien s’adapter. »

Se faire un prénom

« Je suis content de voir qu’il peut devenir une personne à part entière à Montréal », a laissé tomber Jamie au détour de l’entrevue.

De l’aveu général, Jordie Benn vit une sorte d’éveil avec le Tricolore. Pourtant, lorsqu’on se fie strictement aux chiffres, la théorie de l’éclosion ne tient pas la route.

Le défenseur était davantage utilisé par Lindy Ruff au Texas qu’avec Claude Julien.

L’entraîneur du CH, en 12 matchs, a semblé en faire un spécialiste du désavantage numérique en l’employant 1 min 52 s en moyenne par match dans ces situations, sur un total moyen de 16 :57 de temps de glace.

À Dallas, Jordie jouait plus de 18 minutes par rencontre (18 :36), 2 :30 de moyenne à court d’un homme…et 1 :12 en avantage numérique, là où l’on ne l’a jamais vu à Montréal malgré ses deux buts réussis jusqu’à présent.

Pourtant, la sensation de le voir prendre racine pour de bon dans la LNH depuis qu’il a posé ses valises au Québec est bien réelle.

« Il y a ce côté être dans l’ombre évidemment. (Jamie) est une super vedette, mais je ne suis pas le genre à m’en faire trop avec ça, a confié le no 8 du Canadien après l’entraînement des siens, lundi. Je veux seulement qu’il connaisse du succès. Si j’ai à vivre dans l’ombre, je n’ai aucun problème à ce que ce soit dans la sienne. Il est un gars incroyable et un joueur exceptionnel. »

Il est vraiment sous-estimé à tous les niveaux. Il a aussi de bons instincts offensifs. Il bouge bien la rondelle, il patine bien. Il a sûrement passé beaucoup de temps dans l’ombre à cause de son frère, ce n’est pas facile. Il fait toutes les petites choses qu’un entraîneur peut aimer. Tu sais toujours à quoi t’attendre de lui.

Nathan Beaulieu, partenaire de Jordie Benn à la ligne bleue du CH

Les frangins iront souper ensemble lundi soir en attendant leur première confrontation à vie le lendemain. Peut-être se remémoreront-ils leur long parcours avant d’atteindre la LNH ; Jamie a été un choix de 5e tour, tandis que Jordie n’a jamais été repêché.

Dans le cas du premier, vainqueur du trophée Art-Ross en 2014-2015, sa valeur est connue depuis belle lurette. Jordie Benn, lui, prouve actuellement, si certains en doutaient, qu’il n’a pas atteint le plus haut niveau grâce à la protection de son illustre frère.

« Beaucoup de gens disaient que la seule raison pour laquelle j’ai réussi à atteindre la LNH, c’était lui. Je pense avoir travaillé assez fort dans ma vie maintenant pour avoir prouvé à tous que je suis un joueur de la Ligue nationale. Je vis un rêve ici. (…) Ç’a été une belle aventure à Dallas, mais c’en est une nouvelle maintenant », a conclu Jordie Benn.