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03/27/2017 16:25 EDT | Updated 03/28/2018 01:12 EDT

Le budget de la bonne conscience

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, déposera demain son quatrième budget. Pour une troisième année consécutive, les finances publiques seront équilibrées. La différence, cette année, c'est qu'après trois budgets de rigueur ou d'austérité budgétaire, le gouvernement a maintenant les moyens de réinvestir en Éducation et en Santé.

Une analyse de Sébastien Bovet

En 2014, il y a eu le budget de la relance et du redressement.

En 2015, celui de l’équilibre budgétaire.

L’an dernier : celui de la « maison de nouveau en ordre ».

Comment qualifiera-t-on celui de cette année? Carlos Leitao parle du budget de la confiance et de l’optimisme. On pourrait aussi l’appeler le budget de la bonne conscience.

Bonne conscience, parce qu’après trois années passées à demander aux Québécois de se serrer la ceinture, après trois années à demander aux services publics de compter leurs sous noirs et après trois années de discours sur l’importance de l’équilibre budgétaire, les finances publiques ne sont plus en équilibre.

Oui, vous avez bien lu. Le déséquilibre est de retour! Mais dans l’autre sens : on nage en plein surplus. À tel point que, dans la dernière semaine, le gouvernement a multiplié les annonces en dépensant l’argent du surplus de l’exercice financier qui se termine : du milliard 400 millions pour former des super infirmières d’ici 2025, au 650 millions pour rénover les écoles, en passant par les 4 millions pour les arénas et les centres de curling, ce n’est pas la pluie verglaçante qui s’abat sur le Québec au printemps, ce sont les dollars.

Plusieurs de ces dépenses ne seront faites qu’une seule fois. Les dépenses récurrentes, celles qui reviennent année après année et qui coûtent le plus cher, seront dans le budget de demain. La Presse annonçait par exemple que le budget prévoira un 600 millions de dollars pour engager du personnel dans les écoles.

Il y aura aussi un réinvestissement dans le réseau de la santé. De l’argent qui n’ira pas dans les poches des médecins, mais dans les services, assure-t-on.

Nous voici donc au budget de la bonne conscience :- celui qui tentera d’effacer les augmentations de budget de l’Éducation et de la Santé qui couvraient à peine les hausses des coûts de système (rappelez-vous des chaînes humaines autour des écoles pour dénoncer le budget de l’Éducation);- celui qui tentera de faire oublier que certains, parmi les plus démunis, ont été affectés par la rigueur ou l’austérité;- celui qui tentera de remplir un peu votre porte-monnaie en y remettant (probablement rétroactivement) votre contribution de l’année dernière à la taxe santé.

Le gouvernement se redonnera donc bonne conscience en réinvestissant dans les missions essentielles de l’État, celles qui sont prioritaires pour les Québécois, après ces années de vache maigre.

Ce budget lui permettra aussi de préparer les consciences en vue d’un budget encore plus généreux l’an prochain, année électorale...