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03/27/2017 15:34 EDT | Updated 03/28/2018 01:12 EDT

Le gouvernement ontarien n'a pas encore décidé où sera vendu le cannabis une fois légalisé

Radio-Canada a appris que le gouvernement fédéral déposera un projet de loi dans deux semaines pour légaliser la vente de la marijuana dès juillet 2018. Ce projet de loi donnerait la responsabilité aux provinces de déterminer l'âge légal et les endroits où acheter le cannabis. Toutefois, l'Ontario n'a pas encore pris de décision à ce sujet.

Un texte de Claudine Brulé

Il y a plus d'un an, la première ministre Kathleen Wynne disait que la vente de la marijuana par la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) était sensée. La LCBO vend du vin, de la bière et des spiritueux dans plus de 600 succursales à l'échelle de la province. Kathleen Wynne affirmait que l'agence provinciale était bien placée pour l'aspect de la responsabilité sociale, c'est-à-dire éviter la vente aux mineurs ou de vendre de l'alcool à des gens en état d'ébriété.

Le groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis mandaté par Ottawa avait conclu que la marijuana devrait ne pas être vendue au mêmes endroits qui vendent de l'alcool. Dans son rapport publié en décembre dernier, le groupe affirmait : « Pas de co-implantation des ventes d'alcool ou de tabac et de cannabis, dans la mesure du possible. Lorsqu'on ne peut éviter la co-implantation, des mesures de protection appropriées doivent être mises en place ».

Le ministre des Finances de l'Ontario Charles Sousa refuse de dire si la vente de marijuana par l'entremise de la LCBO est toujours l'option favorisée par le gouvernement. Il dit attendre les conclusions d'un groupe de travail provincial composé de représentants de plusieurs ministères (dont la Santé, les Finances, la Sécurité communautaire et celui du procureur général) avant de décider où sera vendue la marijuana une fois légalisée, et quel sera l'âge minimum pour en acheter.

Un conseiller torontois appuie l'option de la LCBO

Le conseiller municipal torontois Joe Mihevc dit attendre impatiemment que les règles entourant la vente de cannabis soient annoncées. Il affirme que de nombreux dispensaires ont vu le jour dans la ville reine, et ils sont illégaux dit-il. « Ce que nous avons entendu au cours de la dernière année des résidents, ils veulent que cela soit un scénario très contrôlé. Ils ne veulent pas marijuana vendue partout, dans les dépanneurs ou de nouvelles boutiques ».

Pour sa part, le ministre ontarien des Transports Steven Del Duca affirme avoir de « graves inquiétudes » relativement à l'impact de la légalisation de la marijuana sur la sécurité routière. Il explique que les policiers n'ont toujours pas d'outil leur permettant de déterminer si un conducteur qu'ils arrêtent sur le bord de la route a les facultés affaiblies par le cannabis.

Il affirme que le travail est en cours pour mettre au point cette technologie, mais qu'il est impossible de faire passer des tests aux conducteurs comme pour détecter le taux d'alcoolémie. Le ministre Del Duca affirme que ses inquiétudes sont partagées par de nombreux autres ministres des Transports au pays.

Un marché lucratif

Le professeur d'économie de l'Université Western Mike Moffatt a déjà estimé par le passé que l'Ontario pouvait amasser 60 millions de dollars par année en taxes sur la vente de la marijuana. Il avait estimé ces revenus d'après la population de l'Ontario et le fait que le Colorado a amassé 2 millions de dollars en taxes seulement un mois après avoir légalisé le cannabis.

Le professeur Moffatt ajoute que l'Ontario peut également économiser gros si les policiers ne dépensent plus autant pour les enquêtes liées au trafic de marijuana.