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03/27/2017 18:36 EDT | Updated 03/28/2018 01:12 EDT

Lévis était « mal préparée » pour lancer la construction d'une usine d'eau potable

La Ville de Lévis a fait une mauvaise gestion de projet de l'usine de production d'eau potable (UPE) Desjardins ce qui l'a exposé à des risques financiers conclut le vérificateur général de la Ville. Un écart de 43,3 millions de dollars a été enregistré entre l'estimation d'avant-projet et le coût total du projet.

« La Ville était mal préparée pour réaliser un chantier d'une telle envergure », affirme le vérificateur de Lévis, Yves Denis.

Le vérificateur général a été mandaté pour se pencher sur le dossier en septembre 2016 compte tenu de l'ampleur de l'écart entre le coût réel du chantier et celui qui avait été estimé. En novembre 2016, le coût total du projet s'élevait à 100,5 M$. L'estimation d'avant-projet de mars 2007 était de 57,2 M$.

L'audit du vérificateur général stipule que la majorité des dépassements, 36,5 millions de dollars, provient de « l'imprécision de l'étude d'avant-projet ».

« Un projet de cette envergure demande plus de précision. Il faut dire avec précision quelle infrastructure on a besoin. On aurait dû augmenter la précision avant d'arriver à la phase des plans et devis détaillés », mentionne M. Denis.

Malgré cette mauvaise gestion, le rapport du vérificateur général conclut que « la Ville a respecté la Loi sur les cités et villes, les règlements applicables et les directives de la Ville pour l'octroi de contrat. »

Conséquences

L'audit du vérificateur général ne permet pas de conclure si la Ville de Lévis a payé le juste prix pour la réalisation de l'UPE Desjardins.

La mauvaise gestion du chantier a cependant eu des conséquences majeures lors de la construction du poste de pompage. Ce retard a fait en sorte que la Ville n'a pu profiter des nouvelles installations que trois ans plus tard que prévu.

La Ville a aussi dû acquérir un terrain de 1,9 million de dollars qui ne répondait pas aux besoins réels du projet. Mal préparée, la Ville a aussi potentiellement été privée d'une subvention de près de 2 millions de dollars. Finalement, la gestion de deux lots de construction plutôt qu'un seul a entraîné des dépenses additionnelles de 300 000 dollars.

Recommandations acceptées

D'emblée, la Ville a accepté les huit recommandations formulées par Yves Denis.

Le directeur général de Lévis, Simon Rousseau, soutient que Lévis a déjà pris les grands moyens pour mieux encadrer la gestion des grands projets.

« Quand on lit le document, ça ne reflète pas notre réalité en ce moment. De 2007 à 2014, c'était une chose, ce que je veux qu'on retienne c'est qu'il y a eut des ajustements importants qui ont été faits », indique M. Rousseau.

Il cite en exemple le projet de construction du complexe aquatique à Lévis pour lequel un directeur de projet a été embauché à temps plein.